Line Le gall, Laure Corbari & Philippe Bouchet embarquent sur le Aguilhas II pour rejoindre la mission d' exploration Océan Indien, accompagnés de deux correspondants (Inma Frutos et Stéphane Hourdez) ainsi que de 3 bénévoles (Manu Vassard, Greg Moutardier et Benoit Gouilleux) pour étudier la diversité du benthos du banc de Saya de Malha.

https://www.monacoexplorations.org/carnet-de-bord/

 

 

- 12 novembre 2022, banc de Saya de Maya dans l’océan Indien.

Les jours défilent trop vite, et les archives sonores s’accumulent. Celle-là marque un temps fort de la mission de la semaine écoulée. Une barbe blanche, des yeux rieurs derrière ses lunettes métalliques.

Depuis plus de 40 ans, Philippe Bouchet promène sa bonne humeur sur toutes les mers du globe. Philippe est un zoologiste spécialisé dans l’étude des mollusques. Dans le jargon, il est un malacologiste.

Ce soir au laboratoire embarqué du S.A. Agulhas II, navire-support de l’expédition Océan Indien 2022 des Explorations de Monaco, le professeur bientôt émérite du Muséum national d’Histoire naturelle de Paris est aux anges.

Philippe tient entre ses doigts un Conus Pirmis, un Conu… Vous avez dit professeur ?

 

- 10 novembre

rencontre avec Laure Corbari chercheuse ISYEB,  Muséum national d’Histoire naturelle, et spécialiste des crustacés,  Francis Marsac, océanographe et halieute, est chercheur à l’IRD ET Frédéric Ménard, chercheur à l’IRD, est spécialiste des écosystèmes marins. 

 

Echo des labo n°2 - Laure Corbari

 

 

- 9 novembre

Interview de Line Le Gall spécialiste de la biodiversité des grandes algues marines

Line Le Gall, Professeure ISYEB au muséum national d’histoire naturelle (MNHN), directrice des explorations scientifiques au MNHN et cheffe de mission des plongées hyperbares durant la campagne d’exploration « Océan Indien » organisée par Monaco Explorations. De retour de sa première plongée sur le banc de Saya de Malha, Line nous raconte ce qu’elle a vu ce matin sous l’eau. « L’île invisible » semble enfin prête à livrer quelques-uns de ses secrets.

Mission océan indien organisée par les explorations de Monaco
LIne le Gall sur le Aguilhas II

 

– « Racontez-nous cette première plongée ?

– Line Le Gall : Avec mon binôme, nous avons plongé jusqu’à 42 mètres, avec 40 minutes de plongée effective au fond et 40 minutes de décompression. Concernant le fond justement, il était très blanc et constitué de sable avec des débris de coraux de petite taille. Le sol était meuble ce qui nous a permis de soulever et de collecter des éléments assez facilement. Tout ça était recouvert d’un faune et d’une flore très riche.

– Justement, qu’avez-vous vu plus précisément ?

– Nous avons vu des coraux d’une soixantaine de centimètres ainsi que des hydraires dont des hydrozoaires mais aussi des gorgones de petites tailles. En termes d’échinodermes, nous avons vu des étoiles de mer, des ophiures (NDLR : classe d’échinodermes proche des étoiles de mer). Nous avons aussi vu des gros poissons semblables à des carangues, d’une taille de 80 centimètres. Enfin, instant magique, des raies manta, nous ont fait une danse de bienvenue pendant notre pallier de décompression. C’est toujours curieux, intriguant et magique à voir même si ces instants sous l’eau sont finalement très fugaces.

 

– Sont-ce des paysages sous-marins nouveaux vous qui avez plongé partout dans le monde ?

– Oui, c’est nouveau, surprenant et excitant d’autant que j’ai eu la chance d’aller observer des hauts monts sous-marins et de plonger en 2017 sur le banc Walters Shoal, un grand mont sous-marin découvert en 1962, qui culmine à 16 mètres sous la surface, situé à 700 kilomètres au sud de Madagascar. Là-bas, nous avions également exploré la faune et la flore benthiques alors inconnues[1]. Ici, à Saya de Malha, la biodiversité semble de prime abord beaucoup plus riche et plus variée. Si je prends l’exemple d’une forêt primaire avec une grande biodiversité, et d’une forêt récemment plantée, nous sommes apriori ici dans une « forêt » sous-marine d’une grande biodiversité.

– Chercheuse et plongeuse, vous voilà devenue une exploratrice?

– Définitivement. Je suis professeure au muséum national d’histoire naturelle (MNHN) et donc chercheuse. Je suis aussi directrice des explorations scientifiques au MNHN, et donc exploratrice. Enfin je suis cheffe de mission des plongées hyperbares durant la campagne d’exploration « Océan Indien » et donc plongeuse. Cette première plongée à Saya de Malha laisse augurer de belles découvertes. Inutile ou presque de vous dire que nous sommes impatients avec mon équipe de nous mettre à l’eau dès demain »

 

 

Publié le : 09/11/2022 09:31 - Mis à jour le : 29/11/2022 10:05

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