Benoît Perez-Lamarque, jeune docteur ayant effectué ses recherches à l'Institut de Biologie de l'ENS et à l'ISYEB, et désormais post-doctorant dans ces mêmes instituts,

nous présentera ces travaux.

 

Bactéries, champignons, virus et autres microorganismes établissent, dans les intestins des animaux ou les racines des plantes, des écosystèmes microbiens divers et complexes, les microbiotes, qui jouent des rôles primordiaux dans le fonctionnement de leurs hôtes. Les techniques modernes de séquençage de l’ADN permettent de mieux caractériser la composition des microbiotes de nombreuses espèces animales et végétales et l’on observe alors souvent que des espèces hôtes évolutivement proches ont des microbiotes plus similaires que des espèces hôtes évolutivement distantes :  on parle alors de patrons de phylosymbiose. De telles conservations des compositions des microbiotes peuvent avoir différentes origines. Par exemple, la phylosymbiose peut émerger si une partie du microbiote est transmise verticalement de générations d’hôtes en générations. La phylosymbiose peut également apparaître, sans transmission verticale, si certaines caractéristiques des espèces hôtes, conservées sur le long terme – comme le régime alimentaire ou l’aire de répartition géographique –, influencent l’acquisition des microorganismes à partir de l’environnement des hôtes à chaque génération.

Durant cette présentation, je commencerai par exposer les méthodes pour mesurer le patron de phylosymbiose. Ensuite, à l’aide d’un modèle permettant de détecter les microbes transmis verticalement, appliqué aux microbiotes intestinaux de primates et d’araignées, nous verrons que les dynamiques de transmissions verticales du microbiote sont hétérogènes chez les animaux et n’expliquent ainsi pas toujours la phylosymbiose. Enfin, je présenterai un nouveau modèle d’évolution des microbiotes qui permet de tester différents facteurs susceptibles de générer un patron de phylosymbiose. Appliqué aux microbiotes intestinaux d’animaux et aux microbiotes racinaires de plantes, nous verrons les différences majeures dans l’évolution de ces microbiotes, probablement expliquées par leurs écologies propres.

Les séminaires précédents restent disponibles sur la chaine de l'ISYEB : https://www.youtube.com/channel/UCzeFk4v_JcyK-N-H-1U19Bg/featured
Avec notamment pour cette saison :
InvaCost, a project on the global economic costs of biological invasions Christophe DIAGNE, Centre de Biologie pour la Gestion des Populations, Montferrier sur Lez, France
Genomic architecture and the evolutionary pathways to viral domestication in ichneumonid parasitic wasps, Bernardo FERREIRA DOS SANTOS, Institut de Systématique, Evolution, Biodiversité, Paris, France
Evolution and biogeography in Parablechnum (Blechnaceae): recent advances and upcoming challenges, Sonia Molino, Universidad Complutense de Madrid, Spain [Synthesys+]
Bref panorama subjectif de l’histoire et des techniques du dessin scientifique au MNHN, Didier Geffard-Kuriyama, Atelier d’Iconographie Scientifique, MNHN, France
Behavior is a motor and brake for evolution Martha Muñoz,Department of Ecology and Evolutionary Biology at Yale University, USA
Des gènes aux traits fonctionnels dans l'océan global Emile Faure, Université de Bretagne Occidentale, France
Les ports maritimes : enjeux écologiques de l’urbanisation littorale Christophe Lejeusne, Aix-Marseille Université, IMBE, Station Marine d’Endoume, France
Optimal alignment of Potts models Hugo Talibart, Atelier de BioInformatique, Institut de Systématique, Evolution, Biodiversité, Paris, France
Flashy Plants Attract More Scientists Martino Adamo, Department of Life Sciences and Systems Biology, University of Torino, Italy
 
Pour les conférences enregistrées qui ne sont pas sur la chaîne, le lien vers la conférence est accessible depuis la page d'annonce correspondant à la conférence sur le site de l'ISYEB : https://isyeb.mnhn.fr/fr/seminaires-de-lisyeb-430



 

 
Publié le : 01/04/2022 08:50 - Mis à jour le : 13/06/2023 14:06

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