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Évolution des toxines chez les boutons d’or et les coquelicots (Ranunculales)

L’étude de l’évolution des caractères phénotypiques se concentre en général sur les caractères morphologiques, mais d’autres traits évoluent et peuvent participer au succès évolutif des taxons. Les angiospermes disposent d’une immense diversité de métabolites dits « secondaires » (qui ne participent pas au métabolisme essentiel pour la vie de la plante) dont certains sont toxiques pour les prédateurs des plantes. Il s’agit également d’une source importante de médicaments pour l’homme. Au sein des plantes à fleurs, les Ranunculales constituent un groupe particulièrement intéressant pour étudier l’évolution des toxines, car elles contiennent des plantes d’un grand intérêt pharmaceutique (le pavot à opium), ainsi que les plantes les plus toxiques de la flore européenne (les aconits). L’évolution des métabolites secondaires est peu connue et il s’est agi ici d’explorer la littérature, surtout phytochimique, par le biais d’approches de « literature mining ». Les substances trouvées chez les Ranunculales ont ensuite été catégorisées et traitées comme des caractères morphologiques. Les états ancestraux ont été reconstruits sur une phylogénie moléculaire de l’ordre et des tests de signal phylogénétique ont été effectués. Les résultats varient grandement d’une classe de molécules à une autre, allant d’une évolution au hasard à de fortes synapomorphies de clades. Les hypothèses adaptatives associées à l’apparition de certaines substances ne sont pas toujours évidentes, comme c’est le cas lorsque le nectar des fleurs est toxique. Enfin, la question du codage de l’absence est fondamentale. L’évolution de la phytochimie permet d’ouvrir de nouvelles portes dans la compréhension de l’histoire naturelle des plantes.

Publié le : 07/10/2019 10:20 - Mis à jour le : 02/12/2019 16:02

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